Les sept clés de la participation hybride

Remarque : Ci-dessous, les astérisques (*) signalent des ressources qui ne sont disponibles qu’en anglais pour l’instant.

C’est clair comme de l’eau de roche : la COVID-19 et les confinements ordonnés pour la freiner ont accéléré le virage numérique. Certains, qui réprimaient peut-être depuis longtemps l’envie de mener des consultations en ligne, ont sauté à pieds joints dans la nouvelle réalité. D’autres, plus hésitants, ont refusé de faire une croix sur les traditions, attendant avec impatience le moment de tenir à nouveau des assemblées publiques en personne.

Où en sommes-nous aujourd’hui? Impossible de revenir en arrière : on ne peut plus traiter la participation numérique comme facultative et se contenter d’avoir un site qui tient lieu de dépliant virtuel, auquel on ajoute un sondage pour avoir l’air à la page. Avec l’assouplissement progressif des mesures de distanciation sanitaire, on voit peu à peu les assemblées en personne reprendre. Il y a des humains qui recherchent avidement le contact avec d’autres. Le nouveau terme à la mode pour décrire la participation : hybride.

Qu’est-ce que ça veut dire, faire de la participation citoyenne en mode hybride? Voici sept clés pour vous aider à amorcer votre réflexion sur ce sujet d’actualité.

Principales caractéristiques de la participation hybride

1. Une combinaison de méthodes

La participation hybride mêle les méthodes traditionnelles (ateliers et assemblées publiques) et la gamme des méthodes numériques de consultation et de dialogue* (forums, cartes, tableaux d’idées, sondages, etc.). Une consultation publique dont la composante numérique est un simple sondage en ligne n’est pas vraiment hybride.

2. Un dialogue constant

Une formule hybride, qui fait une plus large place au dialogue en ligne tout en intégrant des rencontres en présentiel, favorise un dialogue constant. Les personnes qui participent à une assemblée publique ou à un groupe de discussion devraient pouvoir continuer la discussion sur votre site de consultation par la suite. Si les gens doivent s’inscrire à l’avance pour assister à une assemblée, ils pourraient vouloir s’y préparer en lisant l’information sur votre site et même l’utiliser pour poser des questions aux experts et à d’autres résidents. La participation hybride est plus soutenue, les gens peuvent revenir encore et encore.

3. Des assemblées virtuelles

Qu’on les aime ou pas, les assemblées publiques* sont irremplaçables. Toutefois, dans un monde hybride, il deviendra plus courant de les tenir en ligne. Il est fort probable que les assemblées virtuelles vont évoluer et s’améliorer à mesure que s’installe la « nouvelle normalité ». Les assemblées en présentiel sont aussi appelées à être enregistrées, puis mises en ligne afin que toute personne n’ayant pu y assister puisse contribuer à son tour à la conversation (voir le point 2).

4. L’avenir des consultations publiques : synchrones ET asynchrones

Avant l’avènement du virtuel, pour prendre part à des consultations publiques, il fallait se rendre à un endroit précis à une heure donnée (participation synchrone*). En ligne, ce n’est plus nécessaire. Le dialogue peut devenir asynchrone : chacun peut se brancher quand ça lui convient, depuis le confort de son appartement ou de son chalet, voire depuis son siège d’autobus. La participation hybride fait une plus grande place aux méthodes asynchrones, qui améliorent la commodité et l’accessibilité et sont mieux adaptées à nos modes de vie contemporains. Cela n’enlève rien à la légitimité des méthodes synchrones. De fait, pour des consultations efficaces, il sera parfois nécessaire de réunir les gens dans un même lieu.

5. Trouver votre public

Il ne suffit pas de construire un site de consultation pour que les gens se mettent à l’utiliser. Avec la participation numérique, vous devez consacrer une bonne partie de vos efforts à promouvoir vos consultations* : à faire savoir aux résidents comment ils peuvent participer et les inciter à revenir souvent sur votre site. La promotion par courriel, vos bases de données sur les participants, les notifications, les infolettres et les médias sociaux joueront un rôle plus important pour vos taux de participation dans un modèle de consultation hybride (un modèle qui a l’avantage d’être plus inclusif).

6. Des consultations accessibles

Quand on opte pour la participation hybride, il faut réfléchir à qui est inclus et qui est exclu dans l’univers numérique. Le contenu que vous publiez en ligne doit respecter les règles d’accessibilité pour les sites web et les applications mobiles. Il faut aussi être conscient de l’existence d’un fossé numérique et veiller à offrir un contenu adapté à des publics moins présents sur Internet. Malgré tout, les consultations hybrides peuvent être plus inclusives à cause de leur nature asynchrone : puisque les gens n’ont pas à être présents physiquement quelque part un vendredi soir frigorifique (ou n’importe quel autre soir) ils peuvent plus facilement participer, même s’ils ont un horaire chargé.
Rappelez-vous : on croit qu’environ 75 % des gens sont glossophobes — ont peur de parler en public. Pour bon nombre, la participation en ligne est donc une bonne façon de participer. De fait, selon une étude récente* menée au Royaume-Uni, la qualité des interventions virtuelles peut s’avérer bien meilleure que celle des interventions dans les assemblées en présentiel.

7. Un lieu sûr pour prendre la parole

Le dialogue en présentiel se déroule normalement dans des lieux sûrs, par exemple un centre communautaire ou un autobus spécial. Les participants doivent généralement signer un registre à leur arrivée, et il y a des gens qui animent ou facilitent la discussion et veillent à ce qu’elle respecte les règles établies. Dans un modèle hybride, les mêmes principes doivent être appliqués aux activités de consultation virtuelles : on devrait avoir les mêmes exigences d’inscription et créer un cadre sécurisant au moyen d’une plateforme publique où tous les échanges sont modérés. (Comprendre ici : un cadre très différent des médias sociaux!)
Il y aurait encore beaucoup à dire sur le sujet, mais sept, c’est assez pour amorcer votre réflexion sur les caractéristiques fondamentales d’une approche hybride de la participation citoyenne, conjuguant le numérique et les activités en présentiel. Pour en savoir plus sur le fonctionnement d’une plateforme de participation citoyenne, je vous invite à regarder une démo (4 min).

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